TRANSFERT, VENTE ET RACHAT D’ACTIONS AU QUÉBEC : GUIDE DU NOTAIRE CORPORATIF

Droit des affairesTRANSFERT, VENTE ET RACHAT D’ACTIONS AU QUÉBEC : GUIDE DU NOTAIRE CORPORATIF
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TRANSFERT, VENTE ET RACHAT D’ACTIONS AU QUÉBEC : GUIDE DU NOTAIRE CORPORATIF

Il y a un sujet qui semble simple en apparence, mais qui se révèle être un véritable champ de mines légal et fiscal : la gestion des actions de votre entreprise de personne à personne.

Vous avez démarré une entreprise avec votre meilleur(e) ami(e), votre cousin ou votre conjoint(e). C’est le rêve ! Mais la vie suit son cours : l’un de vous veut se retirer, acheter une maison, ou simplement passer à un autre projet. La solution semble évidente : « Je te vends mes parts, tu me donnes l’argent, et on se serre la main. »

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Cette poignée de main, aussi sincère soit-elle, pourrait faire exploser votre entreprise et votre relation. Penser que céder ses parts est aussi simple que de vendre un vieux vélo sur Marketplace est l’erreur numéro 1 que nous voyons constamment en droit des affaires.

Que vous optiez pour un transfert, une vente, un rachat ou un échange, chaque transaction comporte ses propres règles. Voici ce que vous DEVEZ savoir pour ne pas transformer un « bon deal » en cauchemar financier.

Qu’est-ce qu’une action ?

Avant de parler de transactions, revenons à la base. Peu importe la forme juridique pour votre entreprise, si vous avez constitué une société par actions (incorporation), une action représente une part de propriété concrète dans ladite société. Elle est habituellement matérialisée par un certificat d’actions.

Lorsqu’une personne achète une action, elle devient propriétaire d’une partie du capital social de l’entreprise, proportionnellement au nombre de parts qu’elle détient. En tant qu’actionnaire, cette personne obtient plusieurs prérogatives qui peuvent être cumulatives :

  • Le droit aux dividendes : Une part des bénéfices de la société, selon les décisions du conseil d’administration.
  • Le droit de vote : La capacité de faire entendre sa voix lors des assemblées générales annuelles ou extraordinaires.
  • Le droit au reliquat : Le droit de recevoir les revenus découlant de la liquidation éventuelle de la société, une fois les dettes payées.

Bien que ces actions offrent une certaine liquidité et puissent être cédées, ces mouvements ne sont pas libres. Ils sont soumis à des lois strictes.

Le transfert d’actions : Attention aux champs de mines légaux

Le transfert d’actions est l’acte global par lequel un actionnaire cède ses droits à une autre personne. Vous vous souvenez de ce gros document signé au tout début de votre aventure entrepreneuriale ? C’est ici que votre [convention entre actionnaires] entre en jeu. Ce document n’est pas juste de la paperasse pour faire joli : c’est la loi suprême de votre entreprise.

Dans 99 % des cas, elle contient une clause de droit de premier refus (ou droit de préemption). Cela signifie que vous ne pouvez pas transférer vos actions à n’importe qui, quand bon vous semble. Vous avez l’obligation légale de les offrir d’abord aux autres actionnaires actuels, aux conditions prévues par le contrat. S’ils refusent, alors seulement vous pourrez vous tourner vers un tiers.

« Ignorer les clauses de votre convention d’actionnaires rend tout transfert invalide et ouvre la porte à des poursuites judiciaires longues, coûteuses et destructrices pour votre PME. »

De plus, l’accueil d’un [nouvel actionnaire au Québec] implique des démarches légales strictes, notamment la mise à jour des registres et l’émission de nouveaux certificats.

La vente d’actions : Le fisc vous regarde

La vente d’actions implique de céder ses parts en échange d’une somme d’argent. Dès que de l’argent change de mains, le gouvernement veut sa part du gâteau.

Le Gain en Capital Imposable (GCI)

Vendre des actions génère un gain (ou une perte) en capital. Vous devez calculer la différence entre le prix de vente et le prix payé initialement (le Prix de Base Rajusté, ou PBR). Une portion de ce gain s’ajoutera à vos revenus personnels et sera imposée. L’astuce d’expert ? Une vente bien structurée peut vous donner droit à l’Exonération pour Gain en Capital (EGC) sur les actions de PME admissibles, permettant d’économiser des centaines de milliers de dollars. Mais si la vente est mal structurée, vous perdez cet avantage.

Le Juste Prix (JVM)

Si vous vendez à un proche pour une somme dérisoire (ex: 5 000 $pour des actions qui en valent 50 000$), le fisc considérera cela comme un « cadeau déguisé ». Le vendeur sera imposé sur la vraie valeur marchande (JVM) et l’acheteur sur l’avantage reçu. Une double peine fiscale ! Faire évaluer l’entreprise par un expert indépendant est primordial.

Le rachat d’actions : Un outil d’optimisation

Un rachat d’actions se produit lorsque la société elle-même procède à l’acquisition de ses propres actions auprès d’un actionnaire. Une fois rapatriées dans le capital-actions de l’entreprise, ces parts sont généralement annulées.

Pourquoi opter pour un rachat d’actions plutôt qu’une vente entre associés ?

  1. Optimisation fiscale : Les rachats peuvent être utilisés comme un puissant mécanisme de planification fiscale pour l’actionnaire sortant.
  2. Rareté et valorisation : En annulant les actions rachetées, il y a moins de parts en circulation. Mécaniquement, la valeur proportionnelle des actions détenues par les actionnaires restants augmente.

Les conditions d’un tel rachat doivent respecter les statuts de la société, et il est habituel de rédiger une convention de rachat spécifique pour bien encadrer la transaction.

L’échange d’actions : La réorganisation stratégique

Un échange d’actions est une transaction où une personne (physique ou morale) remet les actions qu’elle détient en contrepartie d’autres actions émises par cette même société, ou par une société de gestion (société holding).

Il ne s’agit pas d’une transaction à prendre à la légère. Elle est généralement encadrée par une convention d’échange précise. Pourquoi faire cela ? Principalement pour des raisons stratégiques :

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  • Modifier des droits de vote ou des droits aux dividendes sans déclencher d’impact fiscal immédiat (sous certaines conditions).
  • Procéder à une réorganisation corporative (ex: gel successoral ou roulement fiscal) pour protéger le patrimoine et préparer la relève d’entreprise.

Le Notaire Corporatif : Votre bouclier juridique et financier

Peu importe le type de transaction choisie, l’absence de paperasse adéquate engendre de gros tracas. Les contrats verbaux ne valent rien face au fisc ou devant un juge. Tout doit être consigné dans le livre des procès-verbaux (livre de minutes).

Il faut rédiger le contrat, faire signer les résolutions des administrateurs, mettre à jour le registre, annuler les anciens certificats et en émettre de nouveaux. C’est ici que votre notaire corporatif entre en scène. Il n’est pas seulement là pour l’immobilier ; il est le chef d’orchestre de vos affaires :

  • Impartialité : Il protège les intérêts du vendeur, de l’acheteur et de l’entreprise.
  • Conformité : Il s’assure que tout respecte la loi et les conventions existantes.
  • Synergie : Il travaille de pair avec vos fiscalistes et comptables pour optimiser l’impact financier de la transaction.

Un transfert d’actions fait « sur le coin d’une table » est le chemin le plus court vers la faillite. Protégez votre argent, votre PME et vos relations.

Vous prévoyez modifier l’actionnariat de votre entreprise ? 

Ne laissez pas le hasard dicter l’avenir de votre patrimoine. Contactez l’équipe de gpnotaires dès aujourd’hui pour sécuriser vos transactions corporatives avec l’esprit tranquille.

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